C’est l’offensive contre les nids-de-poule: signalez les nous!

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C’est l’offensive contre les nids-de-poule: signalez les nous!

« En temps normal, nous réalisons une tournée par mois pour réparer les nids-de-poule et les autres dégradations sur notre réseau. Désormais, nous sommes à une ou deux tournées chaque semaine », explique Héloïse Winandy porte-parole de la Sofico, l’organisme qui gère le réseau autoroutier wallon et plusieurs axes secondaires d’importance. Chaque jour, des gardes de la route, dépendant du Service public de Wallonie, inspectent l’état du revêtement pour détecter le moindre trou ou fissure et donner l’alerte au district routier compétent qui fait remonter l’information auprès de la Sofico.

« Nous avons des équipes de permanence, de jour comme de nuit, y compris le week-end pour pouvoir effectuer des réparations endéans les deux heures si l’urgence le nécessite sur le plan de la sécurité routière. Ce service n’existe que pour les autoroutes », souligne notre interlocutrice.

La traque aux fissures

Avec les périodes répétées de gel, le revêtement de surface s’est fissuré à certains endroits, permettant à l’eau de l’infiltrer à l’intérieur « Il est important d’intervenir avant de la fissure ne s’étendent aux couches inférieures de la chaussée. Elles doivent être colmatées avant que n’apparaissent des nids-de-poule plus importants », explique Héloïse Winandy. Et si les trous surviennent néanmoins, il faut racler la surface abîmée et la remplacer par une nouvelle couche. « Nous réparons systématiquement, même lorsque l’hiver est toujours là. Du fait des basses températures, nous devons toutefois tarmac à froid, plutôt qu’à chaud », conclut la porte-parole de la Sofico.

La Sofico et le SPW ne veillent que sur une partie du réseau routier wallon. La grande majorité des routes dépendent des communes. Et là chacun s’organise comme il l’entend. Les risques de dégradations ne sont pas moindres sur le réseau secondaire et certains usagers ont l’impression que les réparations se font attendre plus que de raison. Avec la collaboration de ses lecteurs, Sudpresse lance une grande opération de localisation des nids-de-poule (lire ci-dessous).

Y.H.

Gare au carrefour de Nimy

Gare au carrefour de Nimy

Un premier coup de sonde auprès de nos rédactions locales que certaines routes sont particulièrement dégradées. C’est ainsi le cas du carrefour, criblé de trous entre l’ancienne route d’Ath et la rue des Viaducs à Nimy. Des ambulances partent non loin de là. À Soignies, la rue des Onze villes en mauvais état fait l’objet d’une page Facebook. Dans le Centre, une réparation s’impose notamment sur la N55 entre Soignies et Le Rœulx, ainsi que sur le casse-vitesse à l’entrée d’Enghein. De l’autre côté de la Wallonie, les automobilistes doivent redoubler d’attention lorsqu’ils empruntent à Liège : le pont Atlas, le boulevard d’Avroy avant le feu de la trémie St-Marie et le zoning de Bonne-Fortune à Ans. Enfin la Région bruxelloise s’est dotée d’un site (fixmystreet.brussels) où les usagers peuvent signaler un nid-de-poule. Hier, une dizaine d’endroits y étaient référencés dont le boulevard du Jubilé, l’avenue Alfred Solvay ou la rue de l’Eau.

Aidez-nous à localiser les pires nids-de-poule du pays

Les routes ont été fortement éprouvées cet hiver. Avec le retour des beaux jours, votre journal lance une opération spéciale « Nids-de-poule ». Les autorités communales et régionales vont devoir faire le tour de leur réseau routier pour pointer les réparations les plus urgentes à effectuer et celles qui peuvent un peu attendre. Nous pouvons les aider en localisant le plus précisément possible les endroits qui posent problème.

Vos photos et vidéos

Comment faire ? Envoyez-nous les photos, les vidéos des dégradations à la chaussée à proximité de chez vous. Précisez bien la localisation. Nous pourrons ainsi réaliser une cartographie des zones où il faut redoubler de vigilance, surtout si on n’y passe que très rarement. Et, encore mieux, nous aiderons ainsi les services travaux à agir rapidement. L’accès à la page où poster vos témoignages est gratuit.

Envoyez nous vos signalements ici :

www.lameuse.be/alerte

www.lanouvellegazette.be/alerte

www.nordeclair.be/alerte

www.laprovince.be/alerte

www.lacapitale.be/alerte

«Il y a des priorités»

«Il y a des priorités»

Quand des riverains sont confrontés à un nid-de-poule, l’idéal est évidemment de le signaler le plus rapidement possible aux autorités communales. Cela dit, ça ne garantit en rien que des réparations rapides seront effectuées.

À Charleroi, les exemples de rues parsemées de trous sont multiples. Il n’est dès lors par rare de voir des citoyens interpeller la Ville pour que le service des travaux vienne effectuer des réparations. « Des instructions sont alors transmises au service, qui se rend sur place dans les meilleurs délais », explique l’échevin des Travaux Éric Goffart (cdH). Qui se refuse néanmoins à donner plus d’indications sur ces délais. « Il y a un ordre de priorité sur le réseau routier. Les nids-de-poule dans les sentiers ne seront pas traités aussi rapidement que ceux des axes très fréquentés. Priorité à la sécurité routière ! »

Totalement refaites

Au moyen d’un marché stock, le service des travaux peut directement utiliser du tarmac à chaud pour boucher les trous.

Et si l’échevin se dit attentif aux demandes des riverains, il affirme que son équipe effectue déjà une fameuse partie du travail.

« Nous menons une veille permanente du réseau routier et nous identifions les zones les plus importantes de fréquentation. Mais aujourd’hui, les rues les plus frappées par les nids-de-poule ont été refaites complètement, cela soulage le travail des équipes », souligne Éric Goffart.  

F.Dht

90 millions pour réparerles nids-de-poule

90 millions pour réparerles nids-de-poule

« Depuis 2016, la Sofico qui gère le réseau autoroutier et d’autres axes consacre chaque année 50 millions d’euros pour réparer les nids-de-poule. À cette somme s’ajoutent 20 millions du Service public de Wallonie pour s’occuper des autres routes régionales et 20 autres millions destinés à traiter les nids-de-poule de manière moins ponctuelle », précise le ministre wallon des Travaux publics, Carlo Di Antonio. En tout, la Wallonie dépense donc 90 millions pour les nids-de-poule son réseau régional.

Et le ministre de préciser que les nids-de-poule apparaissent plus fréquemment sur les infrastructures vieillissantes ou plus anciennes que là où des travaux de réhabilitation ont été menés récemment : « Notre réseau routier a souffert d’un déficit d’investissement. Le retard à rattraper est important  ». Avec les vagues de travaux menés ces dernières années et encore à réaliser, la superficie des revêtements usagés est appelée à se réduire. « Le traitement des nids-de-poule à la fin de l’hiver empêche que la situation ne se dégrade. C’est une sorte d’entretien préventif qui permet de reculer l’échéance de rénovations plus importantes », conclut Carlo Di Antonio.

Y.H.

Une honte,un danger,une leçon

Les nids-de-poule, dont nous ouvrons le grand dossier ce mardi avec la participation de nos lecteurs, sont à la fois une honte, un danger et une leçon pour la Belgique, et plus encore pour la Wallonie.

Une honte parce que, dans notre petit pays de transit routier, ils offrent une image peu avenante de nos contrées aux touristes de passage et ne donnent guère très envie de s’y arrêter, si le reste est à l’avenant.

Un danger à l’égard de ces milliers d’automobilistes qui y cassent chaque année des pièces de voiture. Mais encore plus à l’égard des deux-roues qui, eux, jouent carrément leur vie en certains endroits.

Ils sont une leçon, enfin, car il suffit de passer nos frontières pour avoir droit, immédiatement, à des billards sur lesquels il est tellement plus agréable de rouler. Effet des autoroutes à péage ? Pas seulement, car les portions gratuites y sont en tout aussi bon état.

Souvent mise en cause, la météo plus froide ne semble pas un argument beaucoup plus pertinent. La véritable raison est davantage à chercher du côté des entrepreneurs et des budgets mis à disposition pour réaliser leur chantier.

Cette philosophie du « au moins cher, au mieux » semble terminée. Le plan wallon d’investissement récemment dévoilé promet même de réinvestir massivement dans l’état de nos routes. Si cela se réalise, c’est tant mieux. Mais après tant d’années de promesses du même genre, on jugera sur pièce.

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